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Notre relation touchée par un proche en souffrance

Notre relation touchée par un proche en souffrance
  • Publié le : 24-11-21
  • Catégorie :

Porter un soutien à un proche qui souffre de maladie, ou de mal-être est naturel.  La famille, les parents, les enfants, les conjoints entourent de façon bienveillante une personne malade.

Mais dans cette situation, sommes-nous bien conscients de toutes les souffrances présentes? Comment en prenons-nous soin ?

Lorsque l’on vit une maladie, le monde de plusieurs personnes s’effondre.  Le malade est très démuni, il a peur et sent seul. Il lui faut à ce moment-là, beaucoup de force, de soutien pour se battre, beaucoup de patience, car sa vie est en train de changer, et a un grand besoin d’espoir.

Pour le conjoint ou la famille,  c’est la même chose mais il est préférable de ne pas attendre l’attention de la personne souffrante car elle a besoin de toute son énergie pour se soigner.

Pour traverser cette épreuve ensemble, il est indispensable de tenir compte de toutes les souffrances. La personne malade a certes besoin de votre énergie sur laquelle elle voudra parfois se reposer, mais vous aussi, vous êtes dans une situation qui requiert une attention particulière.

Prenons ces expériences :

Une épouse face à la dépression de son conjoint.

Cette femme vient me consulter. Son mari est dépressif depuis 2 ans. Bien qu’il fasse beaucoup d’efforts pour s’en sortir, il a beaucoup de moments de détresse et ses pulsions de mort sont très fréquentes : il parle de suicide, du sens que la vie n’a plus, il n’a plus de respect pour lui-même laissant son hygiène et sa santé de côté. Que vit cette épouse amoureuse qui vient me voir ?

Elle a perdu son amoureux mais essaie de se battre contre cette sensation de ne plus exister pour lui, se battre contre l’impuissance de le rendre heureux même parfois « vivant », être patiente, compréhensive … et c’est très difficile pour elle. Elle ne nourrit pas de haine à son égard,  mais bien à l’égard de la maladie de son mari. Elle doit néanmoins redoubler d’efforts pour, dans ce contexte de frustration totale, apporter l’espoir et ne pas alourdir la relation de reproches. Ainsi que rassurer son homme, que malgré ce qu’elle peut vivre avec lui, elle l’aime encore.

Dans ce cas, l’accompagnement est indispensable, sinon, elle risque de s’effondrer dans ses manques et dans la non reconnaissance de ce qu’elle peut vivre.

Un père Alzheimer.

Une famille vient me voir pour leur papa malade. Les proches sont perpétuellement touchés et concernés par les « crises » de leur père et mari. De nombreux conflits éclatent entre eux. Je reçois deux membres de cette famille en grande souffrance relationnelle. Leur papa ne les reconnait plus, parfois même les repousse, il est Impossible d’entretenir un lien « normal » avec lui,  et la relation se remplit de douleur et de conflits.

Cette situation génère de l’impuissance, et demande le deuil de la personne que l’on a connue, parce qu’elle est différente. Une nouvelle façon d’être avec elle doit naitre.

Quelques pistes :

Dans un premier temps, le ou la conjoint.e essaie d’abord de s’en sortir seul.e, pensant être assez fort.e.

Mais, attention, il faut pouvoir sauter du bateau avant qu’il ne coule. En d’autres termes, commencer à aller chercher le soutien dès que la relation fragilise l’un des deux. Pour ne pas faire porter à l’autre cet abandon, mais lui donner du temps pour récupérer.

Quel que soit le drame qui touche, toutes les personnes qui l’entourent sont touchées. Pour les personnes qui accompagnent, il est nécessaire d’avoir un réseau d’amis, de parents, ou d’accompagnant (thérapeute, groupe de parole) neutres pour s’appuyer, car plusieurs sentiments peuvent vous envahir: la peur, la douleur, la peine, mais aussi la colère d’une situation que l’on n’a pas choisie, que l’on subit. Pour ne pas perdre son énergie, il ne faut pas permettre à cette situation de nous entraîner , de nous voir soudain confronté(e) à la chute de patience ou de compréhension. Surtout, pas de culpabilité : Il ne faut pas s’en vouloir, ou encore en avoir honte, car c’est tout naturel de ressentir cela. Mais il est possible de réfléchir aux besoins perdus et où les retrouver.

N’oublions pas, que d’exprimer ce qu’on ressent à la personne qu’on aime et qui souffre (de façon réfléchie et calme), reste aussi important. Ces communications peuvent être préparées en consultation ou entre amis, en famille. La plupart du temps, la personne malade suppose vos difficultés à ses côtés, elle n’aimerait pas spécialement que vous lui mentiez, elle se sent peut être aussi impuissante que vous. La compréhension de ce que vous vivez tous est indispensable, si la maladie le permet.

En aucun cas, ne négligez les mains que l’extérieur vous tend et partagez votre fardeau avec des personnes bienveillantes, afin de vous faire du bien aussi, et de ne pas vivre ce qui s’appellent les dégâts collatéraux de cette situation.

Sophie Mercier, conseillère conjugale et familiale.

 

Tags : senior